Perturbateurs endocriniens dans les soins : ce qu'il faut éviter

Perturbateurs endocriniens dans les soins : ce qu'il faut éviter

Parabènes, phénoxyéthanol, oxybenzone, octocrylène, BHA… À force de voir circuler des listes d'« ingrédients à bannir » sur les réseaux sociaux, il devient difficile de distinguer ce qui est réellement établi scientifiquement de ce qui relève du principe de précaution ou de la controverse.

Les perturbateurs endocriniens constituent pourtant un véritable sujet de recherche et de santé environnementale. Certaines substances présentes dans notre environnement peuvent interagir avec notre système hormonal, et les cosmétiques font partie des nombreuses sources d'exposition étudiées. 

Mais cela ne signifie pas que tous les ingrédients régulièrement qualifiés de « perturbateurs endocriniens » sur Internet sont officiellement reconnus comme tels, ni qu'un produit cosmétique autorisé en Europe est nécessairement dangereux.

Alors, qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ? Quels ingrédients cosmétiques font réellement l'objet de préoccupations ? Et comment choisir ses soins et sa crème solaire lorsque l'on souhaite appliquer un principe de précaution ?

Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?

Le système endocrinien correspond à l'ensemble des organes et glandes qui produisent nos hormones.

Celles-ci interviennent dans de nombreuses fonctions de l'organisme : croissance, reproduction, métabolisme, développement ou encore régulation de différents processus physiologiques.

Selon la définition reprise par l'Anses, un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange qui altère les fonctions du système endocrinien et entraîne de ce fait des effets nocifs sur la santé d'un organisme, de sa descendance ou de populations.

Une substance peut notamment agir en imitant l'action d'une hormone, en empêchant une hormone de se fixer à son récepteur ou encore en perturbant sa production, son transport ou sa dégradation. 

Et les cosmétiques sont loin d'être la seule source potentielle d'exposition.

Des substances présentant des propriétés endocriniennes sont étudiées dans les pesticides, plastiques, médicaments, produits ménagers, textiles, aliments ou encore certains polluants environnementaux.

« Perturbateur endocrinien » et « suspecté » : ce n'est pas la même chose

C'est probablement la distinction la plus importante à comprendre.

Sur les réseaux sociaux, un ingrédient peut rapidement être présenté comme un « perturbateur endocrinien » dès qu'une étude suggère une activité hormonale.

Scientifiquement, la situation est plus complexe.

Montrer qu'une substance possède une activité endocrinienne ne suffit pas, à elle seule, à démontrer qu'elle provoque un effet nocif chez l'être humain dans les conditions réelles d'utilisation d'un cosmétique.

Il faut notamment prendre en compte la dose, la voie d'exposition, l'absorption, la fréquence d'utilisation et l'ensemble des données toxicologiques disponibles.

C'est précisément le rôle du Scientific Committee on Consumer Safety (SCCS) : le comité scientifique européen évalue les ingrédients cosmétiques lorsqu'une préoccupation apparaît et détermine dans quelles conditions leur utilisation peut être considérée comme sûre.

La Commission européenne a ainsi établi une liste prioritaire de 28 substances présentant un intérêt particulier concernant leurs potentielles propriétés de perturbation endocrinienne, parmi lesquelles figurent notamment certains filtres UV, parabènes et autres ingrédients cosmétiques. 

Cette liste ne signifie pas que ces 28 substances sont toutes reconnues comme dangereuses : elle signifie qu'elles ont été ou doivent être évaluées prioritairement.

Les cosmétiques contenant des ingrédients controversés sont-ils dangereux ?

Pas nécessairement.

En Europe, les produits cosmétiques sont encadrés par le règlement (CE) n°1223/2009. Certaines substances sont interdites, d'autres autorisées uniquement dans certaines concentrations ou pour certains usages.

Lorsqu'une préoccupation apparaît autour d'un ingrédient, le SCCS peut réévaluer les données disponibles et la réglementation peut ensuite évoluer. 

C'est important, car danger et risque ne sont pas synonymes.

Une substance peut présenter une propriété préoccupante à une certaine dose sans que l'exposition obtenue avec un cosmétique correctement formulé atteigne nécessairement ce niveau.

À l'inverse, les connaissances scientifiques évoluent. Une marque peut donc décider d'aller plus loin que les obligations réglementaires et d'écarter volontairement certaines substances faisant encore l'objet de débats.

C'est le principe de précaution adopté par Substance Of Light® dans sa blacklist d'ingrédients. 

Quels ingrédients sont surveillés pour leurs potentielles propriétés endocriniennes ?

Il n'existe pas une petite liste universelle permettant de séparer tous les cosmétiques en deux catégories, « bons » et « mauvais ».

Plusieurs ingrédients ont néanmoins fait l'objet d'évaluations spécifiques au niveau européen.

Certains filtres UV

Les filtres solaires constituent un sujet particulièrement étudié parce qu'ils sont indispensables à la photoprotection mais peuvent aussi faire l'objet de nouvelles évaluations toxicologiques.

Parmi les substances examinées par le SCCS pour de potentielles propriétés endocriniennes figurent notamment l'oxybenzone (Benzophenone-3), l'octocrylène, l'homosalate et l'octinoxate (Ethylhexyl Methoxycinnamate). 

Attention toutefois : leur présence dans cette liste ne permet pas d'affirmer qu'ils présentent tous le même niveau de risque.

L'exemple de l'octinoxate est particulièrement intéressant. Dans son avis final de 2025, le SCCS reconnaît que les données disponibles montrent une activité endocrinienne, notamment œstrogénique et faiblement anti-androgénique. Le comité conclut néanmoins que l'ingrédient reste sûr comme filtre UV jusqu'à la concentration évaluée de 10 % dans les usages étudiés, en raison de la marge de sécurité calculée.

C'est exactement pourquoi les raccourcis « activité hormonale = ingrédient toxique » sont à éviter.

Les parabènes

Le terme « parabènes » désigne une famille d'ingrédients et non une seule molécule.

Tous ne possèdent pas le même profil toxicologique et tous ne doivent donc pas être mis dans le même panier.

Certains parabènes ont fait l'objet d'évaluations concernant leurs propriétés endocriniennes et certains sont réglementés ou interdits dans l'Union européenne selon leur profil.

La présence du mot « paraben » dans une liste INCI ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un risque sanitaire sans regarder précisément quelle molécule, quelle concentration et quel usage sont concernés.

Substance Of Light® a néanmoins choisi de ne pas intégrer de parabènes dans ses formules dans le cadre de sa politique de formulation. 

Le triclosan et le triclocarban

Le triclosan et le triclocarban ont eux aussi fait partie des substances prioritaires examinées par la Commission européenne concernant de potentielles propriétés endocriniennes.

Ils sont également exclus de la blacklist Substance Of Light®. 

Le BHA et le BHT

Le BHA (Butylated Hydroxyanisole) et le BHT (Butylated Hydroxytoluene) sont des antioxydants utilisés pour stabiliser certaines formulations.

Ils apparaissent également parmi les substances identifiées par la Commission européenne comme nécessitant une évaluation au regard de potentielles propriétés endocriniennes.

Substance Of Light® a fait le choix de les exclure de ses formules. 

Crème solaire et perturbateurs endocriniens : faut-il avoir peur des filtres UV ?

Non. Et surtout, la peur des filtres solaires ne doit pas conduire à abandonner la photoprotection.

Les dommages provoqués par les UV sont, eux, très bien documentés. Renoncer au SPF par peur d'un ingrédient vu dans une vidéo sur les réseaux sociaux peut donc conduire à remplacer un risque hypothétique par une exposition dont les effets nocifs sont clairement établis.

La meilleure approche consiste plutôt à choisir une protection solaire dont la formulation correspond à votre niveau d'exigence.

Certaines personnes privilégieront simplement des produits conformes à la réglementation européenne.

D'autres souhaiteront appliquer un principe de précaution supplémentaire et éviter certains filtres faisant l'objet de controverses ou d'évaluations scientifiques en cours.

Ces deux démarches ne doivent pas être confondues avec l'idée qu'un cosmétique autorisé serait nécessairement « toxique ».

Comment repérer les ingrédients que l'on souhaite éviter ?

La liste INCI située sur l'emballage constitue votre meilleure source d'information.

Elle permet d'identifier précisément les ingrédients présents dans la formule plutôt que de se fier uniquement à des mentions marketing comme « clean », « naturel » ou « sans toxiques ».

Si vous souhaitez appliquer un principe de précaution, vous pouvez notamment surveiller les noms INCI des ingrédients qui vous préoccupent.

Pour les filtres solaires, par exemple :

Oxybenzone = Benzophenone-3
Octinoxate = Ethylhexyl Methoxycinnamate
Octocrylène = Octocrylene
Homosalate = Homosalate

Mais évitez de transformer votre salle de bain en enquête toxicologique permanente.

Une application ou une liste trouvée sur Internet peut classer un ingrédient comme « dangereux » sans tenir compte de sa concentration, de son exposition réelle ou de l'avis des autorités scientifiques.

Lire une liste INCI est utile. Comprendre pourquoi un ingrédient y figure l'est encore davantage.

« Naturel » signifie-t-il sans perturbateurs endocriniens ?

Non.

C'est une autre confusion fréquente.

Un perturbateur endocrinien peut être d'origine synthétique ou naturelle. La Commission européenne comme l'Anses le rappellent explicitement.

L'origine naturelle d'une substance ne constitue donc pas une garantie toxicologique.

Inversement, un ingrédient synthétique n'est pas automatiquement nocif.

La sécurité d'un cosmétique doit être évaluée en fonction de la substance elle-même, de sa concentration, de son exposition et de son usage, et non uniquement de son origine.

Pourquoi Substance Of Light® a choisi une blacklist plus restrictive

La réglementation européenne constitue le niveau de sécurité obligatoire. Une marque peut ensuite choisir d'aller plus loin dans ses propres critères de formulation.

C'est le parti pris de Substance Of Light®.

La blacklist Substance Of Light® exclut volontairement plusieurs familles d'ingrédients pour lesquelles la marque souhaite appliquer un principe de précaution plus strict, qu'il s'agisse de préoccupations sanitaires, dermatologiques ou environnementales. 

Concernant les filtres solaires, la marque indique notamment ne pas utiliser :

oxybenzone, octinoxate, octisalate, octocrylène, avobenzone, homosalate, PABA, dioxyde de titane et nanoparticules. 

Sa blacklist exclut également, entre autres, les parabènes, le triclosan, le triclocarban, le BHA, le BHT, certains silicones cycliques, les phtalates, les PFAS et les muscs synthétiques. 

Il faut cependant conserver la bonne formulation : tous ces ingrédients ne sont pas des perturbateurs endocriniens avérés et ils ne sont pas tous exclus pour la même raison.

La blacklist SOL est plus large : elle regroupe également des ingrédients écartés pour des questions de tolérance cutanée, de persistance environnementale, d'origine ou de philosophie de formulation. 

C'est cette distinction qui permet de défendre une formulation exigeante sans tomber dans le discours anxiogène.

Comment choisir une crème solaire sans les filtres que vous souhaitez éviter ?

Commencez par vérifier trois éléments : le niveau de protection UVB, la protection UVA et la composition.

Une formulation répondant à des critères stricts n'a d'intérêt que si elle protège correctement la peau.

Chez Substance Of Light®, le Fluide Hydratant Protecteur SPF50 PA++++ a justement été développé pour associer une haute protection UVA/UVB à la politique de formulation de la marque.

Pour la réapplication au cours de la journée, la Brume Protectrice Urbaine SPF25 PA+++ TRUE FILTER™ suit la même philosophie de formulation.

L'objectif n'est donc pas de choisir entre protection solaire et exigence sur la composition, mais de rechercher une formule qui réponde aux deux.

Ce qu'il faut retenir

Les perturbateurs endocriniens constituent un véritable sujet scientifique, mais c'est aussi un domaine dans lequel les raccourcis sont nombreux.

Une substance suspectée, une substance présentant une activité endocrinienne et un perturbateur endocrinien démontré comme présentant un risque dans les conditions réelles d'utilisation ne sont pas trois formulations interchangeables.

En Europe, les ingrédients cosmétiques faisant l'objet de préoccupations sont évalués par le SCCS et peuvent être restreints ou interdits lorsque les données le justifient. Si vous souhaitez aller plus loin et appliquer un principe de précaution supplémentaire, privilégiez une approche transparente : consultez les listes INCI, identifiez précisément les substances que vous souhaitez éviter et intéressez-vous aux raisons de leur exclusion.

C'est également la logique de la blacklist Substance Of Light® : écarter volontairement certaines substances controversées tout en maintenant l'objectif premier d'un soin solaire — protéger efficacement la peau.

FAQ

Quels sont les perturbateurs endocriniens présents dans les cosmétiques ?
Il n'existe pas une liste simple de tous les ingrédients cosmétiques pouvant être qualifiés de perturbateurs endocriniens. Plusieurs substances, dont certains filtres UV, parabènes, triclosan, triclocarban, BHA ou BHT, ont notamment fait l'objet d'évaluations ou ont été identifiées comme prioritaires par la Commission européenne en raison de potentielles propriétés endocriniennes. 

L'octocrylène est-il un perturbateur endocrinien ?
Des études ont suggéré de possibles effets endocriniens, mais le SCCS a estimé que les données n'étaient pas suffisamment concluantes pour établir un point de départ toxicologique spécifique lié à ces effets. Dans son évaluation, il a considéré l'octocrylène sûr dans les concentrations et usages précisés. 

L'octinoxate est-il dangereux ?
Le SCCS a conclu en 2025 que les données disponibles montrent une activité endocrinienne de l'octinoxate (EHMC), mais l'a néanmoins jugé sûr comme filtre UV jusqu'à 10 % dans les usages évalués en raison de la marge de sécurité. 

Une crème solaire sans perturbateurs endocriniens est-elle forcément meilleure ?
Cette expression demande de la prudence. L'absence de certains ingrédients controversés peut correspondre à un principe de précaution recherché par le consommateur, mais l'efficacité UVA/UVB, la tolérance et la bonne utilisation du produit restent essentielles.

Les cosmétiques naturels sont-ils exempts de perturbateurs endocriniens ?
Non. Des substances naturelles comme synthétiques peuvent présenter une activité endocrinienne. « Naturel » ne signifie donc pas automatiquement « sans risque ». 

Comment connaître les ingrédients exclus par Substance Of Light® ?
La marque publie sa blacklist complète, qui détaille les ingrédients et familles d'ingrédients volontairement écartés de ses formulations. 

Bibliographie

Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Les perturbateurs endocriniens, Cahiers de la Recherche, 2024. 

Commission européenne. Endocrine disruptors — Cosmetic products specific topics. Cadre réglementaire européen et substances prioritaires pour l'évaluation de potentielles propriétés endocriniennes. 

Scientific Committee on Consumer Safety (SCCS). Opinion on Octocrylene, SCCS/1627/21. 

Scientific Committee on Consumer Safety (SCCS). Opinion on Ethylhexyl Methoxycinnamate (EHMC), SCCS/1671/24, final opinion 2025.